el hadhaji malick
24/07/2009 12:28 par sambadiary
Né en 1855 à Gaya, El Hadj Malick Sy apprit le Coran à partir de 6 ans. Fils unique de son père, Ousmane Sy, Maodo entra dans la Tarikha Tidiane à l'âge de 18 ans grâce à son oncle, Alpha Mayoro Wélé, frère de sa mère Sokhna Fawade Wélé. Ce dernier, en phase avec la prédication de Cheikhou Oumar Foutiyou Tall, lui transmit le "wird". Après un séjour en Mauritanie, il se rend en 1884 , à Saint-Louis. De Louga, où il resta quelque temps, il se rendit à l'intérieur du pays, en passant par Ndiarndé, où il séjourna sept ans, Diacksao et Pire avant de s'établir à Tivaouane en 1902 à la suite d'une demande, dit-on, du grand notable Djibril Guèye qui l'invita à y rester. ll construisit sa première "zawiya" (Mosquée) à Dakar. Celle de Tivaouane suivra. Comme tous les érudits de l'islam, il a écrit beaucoup d'ouvrages, dont les plus célèbres furent "Khilaazaab", "Nouniya", etc. Diplomate, il a su éviter les pièges tendus par les colons qui virent très tôt en lui un ennemi, à l'instar de tous les chefs religieux de l'époque. Édifiés sur sa bonne foi, les Blancs, non sans a?? C'est ainsi que, de 1893 à juillet 1895, il fut convoqué plusieurs fois à Saint-Louis. Mais, ne possédant aucune preuve contre lui, le pouvoir colonial blanc se résolut à l'évidence : El Hadji Malick ne préparait pas une armée pour engager une guerre sainte. Ainsi, face aux multiples récriminations des colons, il insista sur le fait que son objectif était de "conquérir les coeurs et la foi des hommes et des femmes pour en faire fervents musulmans" Ce qui, d'après Maodo, devait passer par le chapelet.rrière-pensée, lui don donnèrent leur parole. II lui était, dès lors, loisible de continuer ses "wazifa" et la construction de ses mosquées, la seule bataille qui, à ses yeux, mérite d'être engagée. Pouvait-il en être autrement pour un homme qui éleva au rang de sacerdoce son attachement indéfectible au prophète Mohamed (PSL). Ce pacte qu'il signa avec l'Envoyé de Dieu fut consigné dans un ouvrage à jamais sublime."II n'existe aucune action que je puisse faire pour toi si ce n'est t'aimer, te célébrer et te suivre", s'était il exclamé dans "Mimiyah". Suivant les traces du Sceau des prophètes, Mohamed (PSL), il a formé de nombreux Moukhadams dont Elimane Sakho (Rufisque), Moctar Coumba Diop (Dakar), Serigne Alioune Guèye (Tivaouane), Amadou Lamine Diène (Dakar), Thierno Alioune Kandji (Diourbel), Abdou Cissé (Pire). Ces derniers, chargés de vulgariser l'Islam,l'ont aidé, avec détachement, dans sa noble et exaltante mission: repêcher les âmes en er rance dans les méandres du paganisme triomphant et faire de ses talibés des modèles de croyants. Prompts à affiner chaque jour davantage leur pratique religieuse. S'étant mis exclusivement au service de Dieu, en vulgarisant l'islam et la tarikha, modèle achevé de l'idéal prôné par Abdou Abass Cheikh Ahmadou Tidiane, Maodo reçut, par la grâce de Dieu, les insi gnes de "Grand Maître de l'Ordre Tidiane", grade suprême dont la valeur se mesure aux exquises nourritures spirituelles qui font courir des milliers de musulmans. Par ailleurs fervents talibés, vers Tivaouane. Auparavant, il se rendit, en 1889, à la Mécque. Sa mission accomplie, il fut rappelé à Dieu le 27 juin 1922 à Tivaouane... À la veille de la célébration du Maouloudou Nabi, il est bon de revenir sur la vie de celui à qui le Sénégal, voire le monde entier, doit une telle opportunité de rendre grâce au Très Haut. Quand en 1902, Seydil hadj Malick Sy (RTA) organisait le premier Maouloud à Tivaouane, nul ne s’attendait aux dimensions qu’a prises cette manifestation ,quelque temps seulement après la première édition. Aujourd’hui, ce sont plus de 3 millions de personnes qui participent à la célébration de cette naissance pas comme les autres. Cependant, il urge de rappeler qu’avant Tivaouane, le guide avait eu à commémorer la venue au monde de celui dont il a été le plus grand serviteur. C’était par des récitations du Saint Coran et des prières sur la Meilleure des Créatures (SAWS), durant la nuit du 11 au 12 du mois lunaire de Rabi Al Awal. Ce fut le cas à Ngambou Thieulé, à Saint-Louis, à et Ndiarndé. Il a initié la forme actuelle du Gamou à Tivaouane en 1902, après une concertation avec les siens dont Tafsir Abdou Birane Cissé de Pire, au domicile de Djibril Guèye, un de ceux qui l’ont accueilli dans la capitale du Cayor. Des origines prophétiques En ce qui concerne la vie de cet homme exceptionnel, un constat s’impose : du 25 février 1855, date de sa naissance à Deuw Fall (Gaé) dans le département de Dagana, au 27 juin 1922, date de son rappel à Dieu à Tivaouane, El Hadj Malick Sy aura fait un long chemin. Il a surmonté maints obstacles, et abattu un travail de titan dont la résultante est aujourd’hui une parfaite propagation de l’Islam, de la Tijaniyya à travers non seulement le Sénégal, mais aussi l’Afrique, l’Europe, les Amériques, etc. Relativement à ses lignées paternelles et maternelles, qui convergent toutes autour du Sceau des Prophètes Seydina Mohamed (SAWS), on retient que Maodo Malick Sy (RTA) est de parents d’origine arabe. Il est un enfant posthume, fils de Ousmane, lui-même de Mouhaz fils de Mohamed, descendant de Youssouf, Dramame, Ciré, Boubou, Yahya tous descendants du Chérif Chams Eddine. De sa mère Fawade Wellé, le Saint de Tivaouane appartient à la famille des « Ansaar », l’ethnie qui a accueilli le Prophète (SAWS) à Médine, au terme d’Al Hidjra (Hégire), exil, sur instruction d’Allah le Tout Puissant. Son acharnement pour les études et l’enseignement n’étonnerait que le profane, quand on sait que son ascendant, Ousmane Sy, a atterri au Walo, après des études en Mauritanie auprès du Professeur Mohamadou Baba Al Daymani, à la recherche d’un livre que seul possédait le marabout Malick Sow de Gaé. Ce dernier sera plus tard l’homonyme de Seydil Hadj Malick Sy (RTA) et un de ses maîtres d’école coranique. Une si longue pérégrination Il a été initié aux premières lettres du Coran par son oncle maternel, Alpha Mayoro Wellé, avant de faire un pèlerinage au Djoloff de son père ,sur instruction de son oncle Ahmed Sy. Il retourne au Walo en 1864 ,pour achever ses études auprès de son homonyme et de son oncle Alpha Mayoro, qui le confiera ensuite à d’autres maîtres. Et chacun le forma dans sa spécialité (Droit - grammaire - Tajwiid, etc). Ce fut, après, une longue pérégrination auprès des maîtres les plus réputés à l’époque, en Mauritanie, dans le Fouta, au Ndiambour et au Cayor. Ainsi, se rendit-il à Ndothj Sèye, Pathiasse, Nguithie, Ghjiléki, Diabbé Lidoubé, Oréfondé, Lougué Sebbé, Lougué Foulbé, Thiarène, St-Louis, Taïba Sèye, Dramane, etc. De retour à Gaé, en 1873, il reçut le Wird, la Hidiaza (qui faisait de lui un Moukhaddam de la Tidianiya) de son oncle Alpha Mayoro Wellé. Ce dernier en avait reçu l’ordre d’El Hadji Oumar Al Foutiyou Tall (que Dieu soit satisfait de lui). Ce ne fut pas son seul Hidiaza. Car beaucoup d’autres grands maîtres, dont Maouloud Fall (en 1876) et Mohamed Aly, lui en donneront par la suite. Vivre de la sueur de son front Ne voulant jamais vivre aux dépens des autres et évitant toujours d’être un parasite social, El Hadj Malick Sy s’installe à Ngambou Thieulé (situé entre Gaé et Dagana) pour travailler la terre et enseigner. Le fruit de son labeur lui permit d’effectuer, en 1889, le pèlerinage à La Mecque, 5e pilier de l’Islam. Au Sanctuaire Béni et Sacré, comme dans la mosquée-mausolée de Seydina Mohamed (SAWS) à Madinah Al Mounawarah, il demanda au Tout Puissant d’exaucer les vœux qui suivent : l’épargner, lui, tous les chefs religieux musulmans, leur famille et leurs fidèles, des tentatives de domination de tout ordre des colons pour mieux pratiquer les recommandations divines ; l’obtention de terres où il pouvait travailler et prendre en charge sa famille, ses fidèles et lui-même, pour ne pas être un fardeau pour les autres. Ses autres vœux sont de pouvoir, grâce à ses actions et à ses fonds propres, réussir une prolifération des mosquées à travers le pays. Il a prié également pour qu’il n’y ait aucune différence visible (habillement, comportement, etc) entre ses enfants et les autres fidèles et amis. Enfin, pour qu’il lui soit réservé dans l’autre monde tout ce que Dieu lui destinerait comme Lumière et autre puissance mystique et religieuse. Chacun sait que la plupart des prières de Maodo ont été exaucées, si l’on en juge par les vastes champs qu’il exploitait à Ndiarndé, Diaksao, Diamaguène, etc, les mosquées qu’il a fait construire partout, ou que ses fils ont fait construire, dont celle de Paris. C’est l’un de ses disciples, El Hadj Abdoul Hamid Kane de Kaolack, qu’il a envoyé en définir l’orientation vers l’Est, en 1922. De retour de La Mecque en 1890, Maodo Malick s’installe à Ngambou Thieulé. Il construisit ensuite la Zawia de St-Louis en 1892, retourne séjourner au Djoloff puis rentre à St-Louis. Ses nombreux déplacements, l’affluence des fidèles, qu’il réunissait pour leur dispenser un enseignement, les prières et Wazifa dans la Zawiya et dans sa concession ont attiré l’attention des colons, qui ont assimilé ces invocations au Tout Puissant à des mots de passe et des consignes de guerre. Ils soupçonnaient, en outre, le guide religieux de détenir des armes. C’est ainsi qu’il a été convoqué, plusieurs fois ,devant le bureau politique du Gouverneur du Sénégal, de 1893 à 1905. À chaque fois, Maodo ne variait pas dans ses réponses : « Dieu nous a ordonné, à vous et à moi, de l’adorer, de prier. Vous avez refusé et moi j’exécute. Voilà ce que mes fidèles et moi faisons tous les jours. Ce que vous appelez cris de guerre ou mots de passe ne sont qu’évocations du Tout Puissant et prières sur la Meilleure Créature, le Prophète Mohamed (SAWS). Concernant les armes, j’en ai une et une seule : mon chapelet avec lequel je me battrai jusqu’à ce que l’Islam et la Tidianya atteignent les coins les plus reculés du monde, à votre grand dam ». Finalement, et suite aux témoignages des plus grands érudits de l’époque et aux différents rapports des services secrets, l’administration française était convaincue que : « Seydyl Hadj Malick était le marabout le plus instruit, le plus cultivé, le plus pédagogue de son époque ». Outre ces mots consignés dans les archives nationales et de France, l’un des témoignages les plus éloquents fut celui du grand Chérif Cheikh Sidya, descendant du Prophète Mohamed (PSL) et grand maître de la confrérie Khadriya. Après le défi de l’implantation de la Zawiya de St-Louis (près du gouverneur du Sénégal), Elhadj malick s’installe à Ndiarndé, puis à Tivaouane. En 1902, il organise la première commémoration de l’anniversaire de la naissance du Prophète de la miséricorde, le sceau Seydina Mohamed (SAWS), sous sa forme actuelle. Enseignement décentralisé Mais le domaine où Malick Fawade (pour les Walo Walo) ou Malick Ndiogou (pour les Djoloff Djoloff) a réalisé des merveilles, c’est celui de l’éducation et de la formation. Son confident et intendant le défunt Imam Raatib de Bambey, El Hadj Alioune Tall, a révélé que, de l’apparition du soleil à son coucher, Seydyl Hadj Malick dispensait un enseignement à plus d’une centaine d’élèves et dans différentes matières, tandis qu’il consacrait la nuit à écrire. Il n’a jamais prié seul (prières canoniques) et a toujours pratiqué la Wazifa en commun avec les fidèles, jusqu’à son rappel au Très Haut ». Là, il est à signaler que plus d’une cinquantaine des 180 élèves, qui fréquentaient l’école de Maodo, le faisait concomitamment avec des études à l’école occidentale. Ce qui prouve son ouverture d’esprit et l’importance qu’il accordait à la formation des âmes -tout en les purifiant- des enfants qui lui étaient confiés. De cette école, une véritable université populaire, sont sortis d’abord 41 Moukhadams qu’il a installés, partout au Sénégal et dans certains pays africains, (Ndary Mbaye, au Gabon, El Hadj Amadou Bouyo Guèye, en Côte d’Ivoire, Madiakhou Diongue, au Congo-Belge, actuel RDC, entre autres), pour propager et perpétuer son œuvre éducationnelle. Parmi les autres élèves figurent, hormis ses fils Ahmed, Babacar, Mansour, Abdoul Aziz et Habib, ceux de Chérif Younousse de Banguère (Casamance), Serigne Youssoufa Diop, Médoune Mbaye Sarr, Mor Binta dit Mbeur Sy, Mor Khoudia Sy, Baye Mbacké et Baye Dame Sy, Amadou Anta Samb, Serigne Hady Touré, Maouloud Fall (un Mauritanien), El Hadj Rawane Ngom, El Hadj Abdoul Hamid Kane, Serigne Ngounta Diop, El Hadj Alioune Tall, le Cadi Alioune Dia, Elimane Sakho. Tous ces érudits ont fondé dans les localités où Maodo les avait envoyés, des foyers religieux qui, à ce jour, illuminent tous les coins et recoins environnants. Ils avaient la charge de décentraliser l’éducation et l’enseignement des sciences islamiques. Au plan social, Maodo avait lié une fraternité agissante avec la plupart de ses contemporains, avec lesquels une convivialité et une estime réciproque étaient vivifiées et convenablement entretenues. Il disait aux membres de sa famille et à son entourage immédiat que : « Toute personne qui ne dirait outre que du bien ,dans mes relations avec mon parent et frère Ahmadou Bamba ,s’exclurait tacitement des miens ». Cette attitude irréprochable lui a valu beaucoup d’éloges, sous forme de poèmes de la part de grands hommes de Dieu comme Cheikh Saadbou Aby, Thierno Ameth Ndiaye Babahé, Thierno Sileymane Ball, Thierno Makhtar Kébé, El Hadj Cheikh Thiam de Fatick, Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké Khadimou Rassoul, etc. Ce dernier est son cousin. Une relation privilégiée avec toutes les familles religieuses Car Mame Marame Mbacké leur grand-père commun avait 3 fils : Amadou Farimata, Thierno Farimata et Ibra Farimata. Amadou Farimata est le père de Maty Mbacké, elle-même mère de Ousmane Sy le père d’El Hadj Malick Sy. Thierno Farimata a eu comme fils Mame Balla Aïssa Boury Mbacké, père de Mor Anta Sally Mbacké, ascendant direct de Cheikh Ahmadou Bamba. Ibra Farimata est le père de Khary Mbacké dont le fils Ngagne Niang est père de Safiatou Niang la sainte mère d’El Hadj Abdoul Aziz Sy A’Dabbakh (Rta). Ces deux grands hommes, qui ont fait la fierté des musulmans de l’Afrique et du monde, se sont rencontrés à Ngambou Thiallé peu avant l’exil de Khadimou Rassoul. Au terme de son séjour, Serigne Touba a écrit quelques vers destinés à son cousin, ami et contemporain. Dans le cercle des disciples de Maodo, on ne peut oublier El Hadj Saïdou Nourou Tall (RTA), petit-fils du Commandeur des Croyants, Cheikh Al Hadj Oumar Al Foutiyou. Il était le régulateur de la famille de Seydyl Hadj Malick dont il avait épousé une des saintes filles. D’ailleurs c’est à Mame Thierno (comme on l’appelait affectueusement) que l’homme de Tivaouane confia la famille avant d’être rappelé à Dieu. Un legs à la dimension incommensurable Dans le domaine littéraire, Maodo Malick a légué à la postérité une richesse immense. On y note entre autres « Kilazu Zahab Fi Sirati Khayrul Arab », un recueil de 1001 vers, retraçant la vie du Prophète (SAWS), depuis que Dieu a eu l’intention de le créer à partir de Sa propre Lumière, jusqu’au dernier homme qui a quitté la tombe après l’enterrement. Il y a aussi « Kifayatou Rakhiline », un livre de Droit civil, social et pénal, « Wassilatoul Mouna ou Tayssir », « Fatihatou Toulaab », « If AAmi Mounkiri Jaami », etc. Le saint a aussi écrit sur la médecine, l’astrologie, etc. Le tout fait l’objet d’un recueil édité en Tunisie en 1912 pour la première fois. En 1911, le dernier rapport que les colons ont réalisé stipulait : « El Hadj Malick Sy est toujours conforme aux enseignements du Saint Coran, de la Suna et de la Tidianya. Il prêche un Islam dépourvu de fanatisme et de légende. Il pratique et prêche l’orthodoxie de l’Islam, sans ostentation ou intolérance ». Il aura fait un parcours sans faute. Résistance pacifique et formation El Hadji Malick Sy s'est installé entre 1900 et 1902 à Tivaouane, à l’heure où le colon cherchait à imposer sa volonté. Pourtant, ce chevalier de l'Islam a réussi la prouesse de propager ses idées, par le truchement d’une stratégie de coexistence pacifique. Armé de patience, de fermeté, de persévérance et d'abnégation, Maodo Malick Sy a fini par imposer au niveau national sa vision de l’Islam, en éviter les contacts dissolvants qui n'ont, la plupart du temps, abouti qu'à une destructuration de la société. Ce qui est d'ailleurs arrivé à presque tous les résistants qui ont adopté la méthode de la confrontation. Mais, la stratégie de la résistance pacifique ne l'empêchait pas de s'en prendre violemment aux colons hérétiques. Le Saint homme de Tivaouane opta constamment pour l'éveil des consciences. De ce point de vue, le champ de Diacksao était un cadre très propice, pour délivrer un enseignement à la fois religieux, moral et même politique. El Hadj Malick Sy était un homme de son temps, d'une extraordinaire acuité intellectuelle et fabuleusement lettré. À cet égard et pour s'informer sur les activités du colon, il était abonné au journal officiel qu'il se faisait lire à chaque parution. Moraliste émérite et éveilleur de conscience, Maodo aura été non seulement un témoin de son temps, mais aussi un visionnaire. Son combat a été de former des soldats de la foi et de les disperser pour qu'ils diffusent le savoir, élargissent les bases de la religion et de la tarikha. L'exemple type est celui de ses Zawiyas, implantées en plein cœur du dispositif colonial, c'est-à-dire principalement à Dakar et à Saint-Louis. Parce qu’il avait choisi d'installer ses lieux de cultes, en plein centre des deux capitales qu'a connues le Sénégal, sa stratégie de quadrillage du territoire et de grand rassemblement du Gamou n'a pas manqué de susciter des inquiétudes chez le colon. Mener, en période coloniale, un combat de cette dimension et le gagner ne pouvait être que le fait d'un homme exceptionnel, à tous points de vue, et dont l'exemple de détachement et d'effacement ajoute à la grandeur.
Né en 1797 à Halwar près de Podor, il a commencé à approfondir sa connaissance de l’islam grâce à Abd el-Karim, un lettré musulman originaire du Fouta-Djalon, membre de la confrérie Tidjaniya. À partir de 1827 et pendant dix-huit ans, Omar Seydou tall entreprend plusieurs voyages. Il se rend à Hamdallaye sur le Niger où il rencontre Amadou Cheikhou, puis séjourne plusieurs mois à Sokoto à la cour de Mohammed Bello. Il traverse ensuite le Fezzan et se rend au Caire avant d’atteindre La Mecque où il reçoit les titres d’El Hadj et de Calife de la confrérie soufi Tidjane pour le Soudan (1828). Il séjourne ensuite à l’Université al-Azhar du Caire, puis chez le sultan du Bornou dont il épouse une fille, à la cour de Mohammed Bello dont il épouse également une fille, enfin à Hamdallaye chez Amadou Cheikhou, qui cette fois-ci l’accueille beaucoup moins favorablement. Puis il est emprisonné par le roi animiste bambara de Ségou. Lorsqu’il est relâché, il se rend dans le Fouta-Djalon où l’almami l’autorise à créer une zaouïa (1841). Pendant treize ans, il prêche la doctrine de la Tidjaniya d’abord au Fouta-Djalon, puis à Dinguiraye (actuelle Guinée) en 1848.A Dinguiraye, il prépare le djihad (guerre sainte). Il acquiert une réputation de saint et rassemble de nombreux disciples qui formeront les cadres de son armée. Son armée, équipée d’armes légères européennes reçues de trafiquants britanniques de Sierra Leone, s’attaque à plusieurs régions malinkés à partir de 1850. Il occupe sans difficulté les territoires du Mandingue et du Bambouk (1853), puis attaque les Bambaras Massassi dont il prend la capitale Nioro (1854). En 1856, il annexe le royaume bambara du Kaarta et réprime sévèrement les révoltes. Luttant contre l’armée coloniale française, il fait construire un tata (une fortification) à Koniakary (77 Km à l'ouest de Kayes). En avril 1857, il déclare la guerre contre le royaume du Khasso et assiège le fort de Médine, qui sera libéré par les troupes de Louis Faidherbe le 18 juillet 1857. Entre 1858 et 1861, El Hadj Oumar Tall s’attaque aux royaumes bambaras de Kaarta et de Ségou. Le 10 mars 1861, il conquiert Ségou qu’il confie un an plus tard à son fils Ahmadou pour partir à la conquête d’Hamdallaye, capitale de l’Empire peul du Macina qui tombera le 16 mars 1862 après trois batailles faisant plus de 70 000 morts. Obligé de se réfugier dans les grottes de Deguembéré, près de Bandiagara, il disparait dans une grotte le 12 février 1864. Son neveu Tidiani Tall sera son successeur et installera la capitale de l’Empire Toucouleur à Bandiagara. Son fils Ahmadou Tall règne à Ségou, jusqu’à l’occupation française en 1893.
Mohammed était très religieux et pendant longtemps, il détesta la décadence et l'idolâtrie de la société dans laquelle il vivait. . À l'âge de quarante ans, Mohammed reçut sa première révélation de Dieu par l'intermédiaire de l'ange Gabriel. Les révélations se poursuivirent pendant vingt-trois ans, et ensemble elles formèrent ce que nous connaissons comme le Coran. Dès qu'il commença à réciter le Coran et à prêcher la vérité que Dieu lui avait révélée, il souffrit, avec son petit groupe de disciples, de persécutions de la part des mécréants. Les persécutions devinrent si acharnées qu'en l'an 622, Dieu leur ordonna d'émigrer. Cette émigration de la Mecque à la ville de Médine, située à environ 260 milles (418 km) au nord, marque le début du calendrier musulman. Après plusieurs années, Mohammed et ses disciples purent enfin retourner à la Mecque, où ils pardonnèrent à leurs ennemis. Avant que Mohammed ne meure, à l'âge de soixante-trois ans, la majeure partie de la Péninsule Arabe était devenue musulmane, et moins d'un siècle après sa mort, l'islam s'était propagé jusqu'en Espagne à l'ouest, et aussi loin qu'en Chine à l'est. Parmi les raisons qui expliquent la propagation rapide et pacifique de l'islam, il y a la vérité et la clarté de sa doctrine. L'islam appelle les gens à ne croire qu'en un seul Dieu, qui est le Seul qui mérite d'être adoré. Le prophète Mohammed était un parfait exemple d'un homme honnête, juste, clément, compatissant, véridique et brave. Bien qu'il fût un homme, il était très loin d'en avoir les mauvaises caractéristiques, et il luttait et faisait tous ses efforts par amour pour Dieu et pour Sa récompense dans l'au-delà. De plus, dans toutes ses actions et ses relations avec les gens, il avait toujours la crainte de Dieu et le souci de Lui plaire.
Seulement, selon les éclairages de l’islamologue, le Professeur Abdoul Aziz Kéké, « la composition de la Wazifa ne s’est pas révélée sur Cheikh Ahmet Tidiane d’un seul trait. Au début de son institution, la wazifa était composée de deux séquences que sont l’Istikhfar ou invocation de pardon et de retour à Dieu et la prière sur le Prophète. Ce n’est que 4 ans après qu’elle est complétée car, le Prophète Mouhamed ordonne au fondateur du tidjanisme d’adjoindre à cette liturgie la formule attestant de l’unicité de Dieu et la Jahwaratoul Kamal ». RECONNAISSANCE AU PROPHETE Les choix des séquences qui composent la « wazifa » ne sont pas fortuites dans la mesure où, selon Pr Kébé, « elles sont en rapport et en conformité avec les fondements de l’Islam, les recommandations de Dieu et les enseignements du Prophète (Psl) ». En effet, la récitation de la formule d’invocation du pardon trouve sa source sur les versets suivants : « Demandez pardon à votre Seigneur ; ensuite, revenez à Lui. Il vous accordera une belle jouissance jusqu’à un terme fixé, et il accordera à chaque méritant l’honneur qu’il mérite. Mais si vous tournez le dos, je crains alors pour vous le châtiment d’un grand jour. » « Ô mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur et repentez-vous à Lui pour qu’Il envoie sur vous du ciel des pluies abondantes et qu’Il ajoute force à votre force. Et ne vous détournez pas [de Lui] en devenant coupable. » (Sourate Hûd). A ces versets, s’ajoute un autre tiré de la sourate Nûh dans laquelle Dieu dit : « Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il est grand Pardonneur, pour qu’Il vous envoie du ciel, des pluies abondantes et qu’Il vous accorde beaucoup de biens et d’enfants, et vous donne des jardins et vous donne des rivières. » Ainsi, Pr Kébé explique qu’à la lumière des promesses faites par le Tout-Puissant dans ces versets, « la récitation de la formule du pardon est la voie la plus indiquée pour avoir le bonheur ici et dans l’au-delà ». Il s’y ajoute que la seconde séquence de la liturgie constituée d’une prière sur le Prophète (Psl) ou Salatou alaa nabi résulte d’une recommandation divine. De même que cette prière est une manière de magnifier la reconnaissance à Mohamed (Psl) d’avoir permis à sa communauté d’ouvrir le trésor que constitue Dieu. Mais, il convient de souligner qu’il y a une pléthore de Salatou alaa nabi. Mais, celle utilisée dans la « wazifa » et dans les autres rites de la Tidjanya présente d’autres mérites, d’où son nom salatoul fatihi. D’ailleurs, révèle-t-on que la salatoul fatihi est « la prière sur le Prophète par excellence. Car, aucune autre prière sur le Prophète n’atteint, dans sa valeur ésotérique, la valeur de la salatoul fatihi. Elle a été prescrite à Cheikh Ahmet Tidjane du fait de son caractère sublime et eu égard à sa sainteté ». A en croire Pr Kébé, cette formule a été transmise au Cheikh par le Prophète (Psl) en état de veille. L’ARDOISE Toutefois, d’autres sources rapportent que « les compagnons de Mohamed (Psl), voulant mettre en application le verset coranique qui ordonne aux musulmans de prier pour le Prophète, sont allés vers l’envoyé de Dieu pour qu’il leur donne la formule de prière. Car la prière pour le Prophète n’est pas pareille à la prière canonique. Le Prophète leur transmet alors la Salat al Ibrahimiyya. Celle-ci, si on l’analyse bien, montre qu’elle ne constitue pas dans son essence en une prière propre au Prophète, mais elle constitue plutôt une comparaison entre la prière faite pour Ibrahim, l’ancêtre de Mouhamed, et celle que l’on devrait faire pour le Prophète lui-même ». Ainsi, quand les soufis, après le Prophète, se sont rendus compte de cette comparaison, nombre d’entre eux ont commencé à faire des retraites spirituelles dans le but de découvrir la prière sur le Prophète. C’est Muhammad al Bikri qui a eu l’honneur de découvrir, grâce à Dieu, la prière. « Il a reçu la salatoul fâtihi. Elle était inscrite sur l’ardoise d’une manière assez curieuse car, quelle que soit la position de l’ardoise, le texte restait accessible et lisible. Il ne suivait pas les déclinaisons de son support matériel », rapporte-t-on. Cependant, selon la tradition, Muhammad al Bikri a reçu l’ordre de ne pas inclure cette prière dans ses rites car, elle est réservée par le Prophète pour un de ses descendants qui fondera une confrérie. Et ce dernier n’est personne d’autre que Cheikh Ahmet Tidjanî, fondateur de la confrérie des Tidjanes. De par cette prière sublime, le fidèle Tidjane acquiert de la lumière et purifie son âme et son cœur au point qu’il n’y ait aucune crasse. Autre élément qui compose la « wazifa » et qui atteste de l’inspiration de la lithurgie aux recommandations divines, c’est la Jahwaratoul kamal. Une invocation par laquelle l’on montre que « le Prophète est l’antichambre de Dieu. C’est le passage obligé pour accéder au Tout-Puissant. De même que Mohamed est le réceptacle de tous les biens provenant de Dieu et qu’il se charge de les distribuer ». Pr Abdoul Aziz Kébé ajoute que les qualités du Prophète exaltées dans le texte démontrent « la relation réflexive entre lui et son Créateur ». Seulement, la Jahwaratoul kamal est une séquence très importante dans la composition de la wazifa compte tenu de son essence. LA DICTEE…DE DIEU ET LE CODE Des explications de l’islamologue, il ressort que cette invocation dépasse le domaine de l’humain. D’ailleurs, témoigne-t-il « qu’elle a été révélée à Cheikh Ahmet Tidjane en lettres d’or. Il l’a reçu sous forme d’une dictée venue du ciel. Cette révélation peut provenir de l’inspiration ou d’une dictée dont on ne saisit pas la voix de l’auteur ». Mais, fait-il remarquer que « la texture et la composition du texte, ajoutées à la combinaison des séquences, prouvent que le texte est loin du domaine de l’ordinaire ». D’ailleurs, Pr Kébé déduit que « le texte du Jahwaratoul kamal renvoie à des sphères célestes, à la dimension de Dieu et à la personnalité de son Envoyé. Or, personne n’est habituée à ces espaces célestes autre que le Tout-Puissant ». Outre son sens, le Jahwaratoul kamal est le code d’accès au Prophète. En effet, Pr Kébé confie que « Mohamed (Psl), accompagné de ses fidèles dont Cheikh Ahmet Tidjane, s’invite à la ronde de la wazifa à la septième récitation de cette invocation ». Et compte tenu de son origine et de son sens, il est indiqué que le Jahwaratoul kamal ne doit pas être récité sans purification absolue du corps et du lieu. Cependant, on peut remplacer les 12 Jahwaratoul kamal de la « wazifa » par 20 salatoul fatiha. Si on est dans un groupe, on peut réciter les 20 salatoul fatikha à voix basse au moment où le groupe récite le Jahwatoul kamal. Il est précédé dans la composition de la « wazifa » par la formule de l’unicité de Dieu. DISCIPLINE SPIRITUELLE A la révélation de cette liturgie, il a été prescrit à Cheikh Ahmet Tidjane de l’instituer une fois dans la journée. C’est El Hadji Malick Sy qui a ordonné aux fidèles de la pratiquer deux fois : le matin et le soir. Cette révolution apportée par Maodo dans la « wazifa » n’est pas fortuite en ce sens que « les moments choisis coïncident avec les instants où Dieu diffuse ses affluences dans les mosquées ». Outre cet argument, la volonté de El Hadji Malick était aussi d’inciter les fidèles tidjanes à se départir du futile pour le futile. La pratique de la « wazifa », outre qu’elle facilite l’accès du fidèle à Dieu et promeut sa proximité avec le Prophète, vise aussi à astreindre au fidèle une discipline spirituelle à travers son corps, son âme, son sang et ses organes. De même, impose-t-elle à celui qui la pratique une autre discipline qui est celle de l’écarter de la commission de péchés. Selon Pr Kébé, « la permanence de la wazifa est la meilleure voix pour être en contact avec le Prophète. Et l’exemple de Cheikh Omar Foutiyou Tall est assez révélateur de ce fait ». D’après les confidences de l’islamologue, « le Cheikh n’a jamais cessé de communier avec Mohamed (Psl) au point que certaines personnes le sollicitaient pour une intercession auprès de lui ». PENOMBRE ET LINCEUL Seulement, la « wazifa » est pleine de symboles en ce sens qu’elle se pratique dans la pénombre et autour d’un morceau de linceul étalé sur le sol. Ce contraste entre l’obscurité et le blanc est rempli d’enseignements, si l’on en croit les explications du Pr Kébé. A son avis, « il s’agit, en ce moment, de reproduire les réalités du cosmos ». Autre argument évoqué pour justifier la pénombre, « c’est pour éviter la distraction des fidèles lors de la séance. En plus, l’obscurité peut produire de la lumière spirituelle ». Le linceul étalé sur le sol est apparu dans la wazifa par tradition mais, il n’est pas une obligation. D’après l’islamologue, « l’essence de cette pratique était de barrer le passage de personnes étrangères dans le cercle des fidèles. Mais aussi, le blanc qu’il symbolise est le reflet de la pureté, un état auquel tout musulman est astreint ». Le linceul est aussi une stra-tégie pour rappeler au fidèle le sort qui lui sera réservé à sa mort. « Du moment que chacun sera enveloppé de ce linceul, celui qui pratique la wazifa se gardera de commettre des actes répréhensibles en ce sens qu’il aura toujours en mémoire ce moment où il sera livré à Dieu. Seul avec ses actes », rappelle Abdoul Aziz Kébé. La wazifa constitue avec le Wird une des obligations que le talibé tidiane doit s’acquitter. La Wazifa se fait en général en groupes dans les mosquées mais on peut le faire seul. Mais il est préférable de loin de le faire en groupes. La Wazifa compend : 30 fois:Astaghfiroul lahil hazimal lazi la ililaha ilahouwal khayoul khayoum.(Je demande pardon à Dieu, il n’y’a d’autres divinités que lui, Le Vivant, Le Puissant) 50 fois : Salatoul fatihi (je l’ai déjà énoncé dans l’article précédant) 100 fois : La ilaha ilal lah (Il n’y’a de dieux que Allah). 12 fois:le Djawharatoul kamal. On ne peut réciter le Djawharatoul kamal qu’en étant de pureté (aprés ablutions). Le Djawharatoul Kamal est une prière sur le prophéte(psl). Allahumma salli wa sallim alà aynir rahmatir rabbaniyyati wal yaqûtatil mutuhaqqiqati, al-hâ-itati bi markazil fuhûmi wal ma-ânî, wa nûril akwânil mutakawwinati, al-adamiyyi çâhibil haqqir rabbânî, al-barqil asta-i bi mizûnil arbâhil mâli-ati li kulli muta-arridin minal buhûri wal awânî, wa nûrikal lâmi-il lazî mala’ta bihi kawnakal hâ-ita bi amkinatil makânî. allahumma salli wa sallim alà aynill haqqi latî tattajallà minhâ urûchul haqâ-iqi, aynil ma-ârifil aqwam, çirâtikat tâmmil asqam. allahumma salli wa sallim alà tal-atil haqqi bil haqqil kanzil a-a’zami, ifâdatika minka ilayka, ihâtatinn nûril mutalsami sallal lâhu alayhi wa alà âlihi salâtan tu-arrifunâ bihâ iyyahu. Pour la traduction. "O Dieu, répands Tes Grâces et Ta Paix, sur la source de la Miséricorde divine, étincelante comme le diamant, certaine dans sa vérité, embrassant le centre des intelligences et des significations, sur la Lumière du monde, (celle à qui est et fait être, la lumière académique (primordiale) ), sur celui qui possède la Vérité divine, sur l’éclat irridiant les nuages-porteurs-de-pluie et les vents qui remplissent tout ce qui se présente (à eux), depuis les vastes océans jusqu’aux plus petits réceptacles, sur Ta Lumière dont tu remplis Ton Univers, sur Ta Lumière qui contient tous les lieux des lieux. O Dieu, répands Tes Grâces et Ta Paix sur la source de la vérité à partir de laquelle se manifestent les tabernacles des Réalités (divines) sur la source directe des connaissances, Ta voie complète la plus droite. O Dieu, répands Tes Grâces et Ta Paix sur la manifestation du Vrai par le Vrai, sur le Trésor incommensurable, Ton Effusion (émanation) de Toi vers Toi, (sur le cercle) de la Lumière talismanique . O Dieu, répands tes grâces sur lui et sa famille, d’une grâce par laquelle tu nous le fasses connaître
A la mort de ses frères Amadou Mountaga Tall de Boghé et Mountaga Daha Tall de Louga, le Khalife Seydou Nourou Tall s'occupa de tous les enfants de ses frères. C'est ainsi qu'il réunit sous son autorité le foyer de Boghé [Thierno Mountaga (le défunt khalife) et Thierno Oumar] ainsi que le foyer de Louga (Cheikh Oumar Mountaga Daha, Habibou Mountaga Daha, Moctar Mountaga Daha). Du Nigeria, il ramena à Dakar le fils de son frère Amadou Habibou Nourou, Maky Habibou Nourou et Seydou Maky Nourou. De Saint-Louis, il ramena les enfants de Fatima Nazirou Cheikh Oumar Tall : Nazirou Ly, Amadou Nazirou Ly, Seydou Nourou Ly, Habibou Ly et Cheikh Oumar Ly’, selon l'auteur. Thierno Seydou Nourou Tall ‘réunit ensuite les chefs de familles pour réorganiser la famille oumarienne selon la volonté de Cheikh Oumar El Foutiyou’. Ensuite, il nomma Amadou Kabirou au Nigeria, Madani Tall à Ségou, Khouraichi Aguibou Tall à Bandiagara, Alpha Amadou Tall à Dinguiraye. (République de Guinée). ‘Une fois le rassemblement opéré, Seydou Nourou mit en place des règles pour organiser le khalifat et nomma Tidiane Mountaga Daha Tall Khalife général de la famille oumarienne ainsi réunie’, écrit Mamadou Amadou Taminou Wane. ‘Le patriarche, ajoute-t-il, réorganisa l'institution spirituelle de Cheikh Oumar en recommandant de perpétuer la dynastie oumarienne selon un principe clair et distinct : le plus âgé hérite du trône spirituel qu'on lui a destiné. C'est sur la base de ce principe que furent nommés les différents khalifes. Ainsi donc, Seydou Nourou Tall avait résolu le problème de la succession au sein du khalifat. Et pour éviter des interférences néfastes, il avait réuni autour de lui tous les responsables des ‘foyers’ respectifs. C'est cette réunion qui justifie l'expression de ‘Khalife général de la famille oumarienne’’, écrit-il. Et ‘pour contourner les difficultés liées à la question de la succession du Khalifat, Saïd El Hadji Malick Sy autorisa Thierno Seydou Nourou à veiller sur la famille Sy de Tivaouane. Tout comme il parraina et couva la famille oumarienne. C'est cette démarche organique et bénie d'Allah qui existe entre les illustres familles Sy et Tall pour que rien ne se fît au hasard des choses mondaines. C'est sur cette lancée que Thierno Seydou Nourou Tall, à son tour, confia la famille Tall à Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh’, renseigne encore le traditionaliste. Ainsi, ‘après le rappel à Dieu de Tidiane Mountaga Daha et de Thierno Seydou Nourou, Thierno Madani Mountaga Lamdo Dioulbé de Ségou, au Mali, devint le doyen de toute la famille Oumarienne. Cependant, il concéda le titre de Khalifat au Sénégal à Thierno Mountaga Amadou Tall. Il ressort logiquement et nécessairement de ces éléments qu'après le décès de Thierno Mountaga Amadou Tall et de Thierno Hady Amadou Tall de Nioro, le Khalifat général de la famille oumarienne revient, de droit, à Thierno Habibou Mountaga Daha Tall, doyen d'âge de la famille Oumarienne’, selon Mamadou Amadou Taminou Wane.
pour nous transmettre Ses Paroles, nous rappeler de n’adorer que Lui et pour nous enseigner comment Allah est le nom de Dieu, Le Seigneur de l'univers, Il n'a pas engendré et n'a pas été engendré, nous ne pouvons Le comparer à quiconque, et ce, parce qu'Il est Allah, Dieu, Le Créateur de toute chose. Il n’a pas besoin de dormir ni de se reposer, et même si nous ne pouvons Le voir, Lui peut nous voir. Il sait tout ce qui se passe dans les Cieux et sur la Terre. Allah est le Plus doux au-delà de toute douceur, Le Plus Aimant au-delà de tout amour, Il nous a donné tout ce que nous possédons, Il nous donne l'eau , la nourriture, la lumière, l'air, et tout ce dont nous avons besoin pour vivre sur cette terre jusqu'à notre mort. Il nous a donné un esprit et un cœur afin d'évaluer combien nous Lui en sommes reconnaissants en L'adorant et en Lui obéissant. Obtenir l'agrément de Dieu par notre foi et notre bon comportement devrait être notre priorité dans la vie. Nous ne pouvons arriver à le connaître qu'à travers Ses Propres Mots et selon Sa Voie, alors tournons-nous vers la Parole de Dieu : { Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même ‹al-Qayyum›. Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône ‹Kursiy› déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand...}. [ Sourate 2 - Verset 255 - Ayat Al Kursy ] Allah a envoyé des Prophètes et des Messagers suivre Sa voie. Un jour, quand il l’ordonnera, les Cieux se fendront, les étoiles et les planètes exploseront et le monde parviendra à sa fin. Dès lors Allah Tout-Puissant nous ramènera à la vie pour nous juger, nous récompenser ou nous punir pour ce que nous aurons accompli. Ce jour-là, les gens qui auront adoré de faux dieux ou d’autres éléments seront très peinés, mais ceux qui auront écouté Allah et auront agi selon le bien seront heureux. Dis : " Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus. Et nul n'est égal à Lui [ Sourate 112 - Le monothéisme pur (Al-Ikhlas) Versets 1 - 4 ] ~ ¤ ~ Pour beaucoup d'occidentaux, ALLAH est le dieu des Arabes, et le terme évoque même pour certains une divinité cruelle, qui pousse ses adorateurs au fanatisme aveugle. Pourtant, on sait que dans les langues sémitiques, dont fait partie l'arabe, comme l'hébreu ou l'araméen, la racine al ou el sert à nommer Dieu. Ainsi, l'Ancien Testament en a conservé des traces évidentes. Combien d'adorateurs du Seigneur, anges ou hommes, portent en leurs noms le signe de leur soumission à Dieu: Gabri-el, Micha-ël, Isma-ël, Isra-ël. Dieu est appelé El, ou Elah. Le nom Elohim revient plusieurs fois dans l'Ancien Testament pour désigner le Dieu des Hébreux. Selon le Coran, Dieu s'est révélé à Moussa (Moïse) sous le nom "Allah" : Puis, lorsqu'il y arriva, il fut interpellé: { Moïse ! Je suis ton Seigneur. Enlève tes sandales: car tu es dans la vallée sacrée Tuwa. Moi, Je t'ai choisi. Ecoute donc ce qui va être révélé. Certes, c'est Moi Allah: point de divinité que Moi. Adore-Moi donc et accomplis la Salat pour le souvenir de Moi.} [Sourate 20 Ta-Ha Versets 11-14] Selon le Coran également, Aissa (Jésus) nommait Dieu de la même façon, lorsqu'il recommandait aux enfants d'Israël : { Allah est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-Le donc : voilà le chemin droit. } [Sourate 3. La famille d'Imran (Al-Imran) Verset 51] Il peut être utile de rappeler que ces prophètes ne connaissaient pas le deus latin, dont nous avons tiré le mot dieu. Il est d'ailleurs intéressant d'observer que les chrétiens de tradition orientale et d'expression arabe invoquent Dieu par le nom Allâh. Tel est le cas des coptes d'Egypte. En appelant Dieu du nom Allâh, les musulmans se conforment donc à une tradition prophétique millénaire. Par le moyen de la Révélation, Dieu se fait connaître à ses créatures en leur dévoilant ses Noms. Ceux-ci sont évoqués dans le Coran ( cf : Ses 99 Noms ) : {C'est à Allah qu'appartiennent les noms les plus beaux. Invoquez- Le par ces noms...} [Sourate 7. Al-Araf Verset 180] { Dis: " Invoquez Allah, ou invoquez le Tout Miséricordieux. Quel que soit le nom par lequel vous l'appelez, Il a les plus beaux noms." } [ Sourate 17. Le voyage nocturne (Al-Isra) Verset 110 ] { Allah ! Point de divinité que Lui! Il possède les noms les plus beaux. } [Sourate 20 Ta-Ha Verset 8] C'est Lui Allah. Nulle divinité autre que Lui, le Connaisseur de l'Invisible tout comme du visible. C'est Lui, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.C'est Lui, Allah. Nulle divinité que Lui; Le Souverain, le Pur, L'Apaisant, Le Rassurant, le Prédominant, Le Tout Puissant, Le Contraignant, L'Orgueilleux. Gloire à Allah! Il transcende ce qu'ils Lui associent.C'est Lui Allah, le Créateur, Celui qui donne un commencement à toute chose, le Formateur. A Lui les plus beaux noms. Tout ce qui est dans les cieux et la terre Le glorifie. Et c'est Lui le Puissant, le Sage.[ Sourate 59. L'exode (Al-Hasr) Versets 22-24 ] Il conviendrait de s'arrêter plus longuement sur chaque Nom, afin de mieux comprendre ce qu'il implique dans la vie du croyant. Ainsi, par exemple, savoir que Dieu est omniscient, y compris en ce qui concerne nos pensées les plus secrètes, nous conduit à nous comporter avec droiture en toute circonstance, publiquement et secrètement. Savoir que Dieu est celui à qui l'on peut se confier, nous conduit à nous en remettre entièrement à Lui. Savoir que Dieu est juste nous conduit à être équitable. Savoir qu'Il pardonne et que Sa miséricorde est infinie nous conduit à ne jamais désespérer, quelles que soient nos erreurs, et aussi à pardonner à ceux qui nous offensent. En fait, c'est à partir de ces Noms que les thèmes de la Miséricorde, du Pardon, de la Paix, de la Lumière, de l'Equité et de la Loi ... devraient être abordés et étudiés en Islam. La science des Noms divins est au fondement de toute connaissance authentiquement religieuse, qui refuse de concevoir Dieu comme une entité abstraite, un « être » dont on ne sait rien, opposé à un « néant » dont on ignore tout. L'éthique musulmane elle-même découle de cette connaissance. Les Noms divins - Hani Ramadan - Editions Tawhid
On donne quelquefois au mot vérité le sens de réalité. Mais il vaut mieux entendre par vérité un caractère de la connaissance, et de la connaissance seulement. Ce caractère, dont l'erreur est l'opposé, appartient-il déjà aux idées, aux représentations, ou bien ne peut-il résider que dans le jugement, c'est-à-dire dans l'affirmation ou la négation? Une idée peut être appelée fausse, en ce sens qu'elle ne correspond à rien de réel ni de possible (par exemple, des idées de chimères, de centaures, etc.), ou vraie en ce sens qu'elle correspond à des choses réelles (par exemple, des idées d'homme ou de cheval). Mais c'est dans le jugement seul que résident l'erreur et la vérité proprement dites. Il n'y a erreur que pour celui qui affirme l'existence de la chimère et du centaure, de même il n'y a vérité que pour celui qui nie leur existence, ou qui affirme par exemple celle de l'homme ou du cheval. Une telle théorie de la vérité repose sur l'idée que celle-ci doit être en adéquation, ou en correspondance, avec un état de choses réel. On peut dire que la vérité est l'affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n'existe pas; donc, finalement, l'accord de nos jugements avec la réalité. Cette définition paraît claire et satisfaisante, sans doute, au sens commun. Mais si l'on se place du point de vue soit du criticisme, soit de l'idéalisme, on pourra la trouver peu philosophique. Au nom du premier, on objectera que la réalité métaphysique et absolue n'est point accessible à la connaissance. À quoi l'on peut répondre que la plupart de nos jugements ne concernent en rien la réalité métaphysique et absolue, mais simplement les différents êtres et phénomènes qui sont pour nous objets d'expérience, autrement dit de perception. Mais, objectera l'idéaliste, les différents objets et phénomènes se ramènent à nos représentations et à celle des autres sujets conscients; la vérité ne consiste donc pas dans l'accord de nos jugements avec une réalité extérieure à notre esprit, mais dans l'accord de la pensée avec elle-même, par conséquent avec ses propres perceptions et avec les perceptions des autres esprits. Sans doute, peut-on répondre, mais les perceptions qui s'imposent nécessairement à moi et à tout être conscient se trouvant comme moi à l'état de veille et à l'état normal, c'est justement ce que j'appelle la réalité... On peut donc, semble-t-il, accepter sans difficulté cette définition de la vérité: « L'accord de nos jugements avec la réalité. » Il faut éviter avec soin de personnifier la vérité, d'en faire on ne sait quelle entité spéciale et objective. La vérité est une qualité. Selon William James, il y a d'une part la réalité, d'autre part des jugements qui sont en accord avec celle-ci; il n'existe pas une troisième chose qui serait la vérité. La vérité est le caractère que prennent certains jugements, et rien de plus. Par suite, la vérité n'est pas une donnée toute faite, elle se fait, elle est le fruit de l'effort et de la recherche. « Ce qui est vrai, c'est ce qui est utile », déclarait Nietzsche. Le pragmatisme a-t-il réussi à modifier profondément l'idée de vérité? On peut en douter. Il semble difficile de réduire entièrement l'idée de vérité à celle d'utilité. Certaines croyances de la religion grecque et de la religion romaine furent bienfaisantes à la cité antique, nous ne les jugeons pas « vraies » pour autant.
Le mot politique vient du grec politikè (« science des affaires de la Cité »). Étymologiquement, la politique est donc synonyme d'organisation de la Cité. La Cité visée est celle de l'Antiquité grecque, aujourd'hui appelée Cité-État du fait de la similitude de son organisation avec celle de nos États modernes (pouvoir centralisé, institutions, diplomatie...). Notion polysémique, la politique recouvre au moins trois sens : La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d'une société organisée et développée. Plus précisément, la politique, au sens de Politeia, renvoie à la constitution et concerne donc la structure et le fonctionnement (méthodique, théorique et pratique) d'une communauté, d'une société, d'un groupe social. La politique porte sur les actions, l’équilibre, le développement interne ou externe de cette société, ses rapports internes et ses rapports à d'autres ensembles. La politique est donc principalement ce qui a trait au collectif, à une somme d'individualités et/ou de multiplicités. C'est dans cette optique que les études politiques ou la science politique s'élargissent à tous les domaines d'une société (économie, droit, sociologie, et cetera) Enfin, dans une acception beaucoup plus restreinte, la politique, au sens de Politikè, ou d'art politique se réfère à la pratique du pouvoir, soit donc aux luttes de pouvoir et de représentativité entre des hommes et femmes de pouvoir, et aux différents partis politiques auxquels ils peuvent appartenir, tout comme à la gestion de ce même pouvoir. Maintenant de nos jour , la politique c'est se faire ,pour une réussite crypto personnelle.C'est pourqui ,la politique est basée sur le mensonge, la traitrise et les coups bas j'en passe.Même ces acteurs n'y croient plus
L'histoire de Majnoun et Laïla est très ancienne. Au Moyen-Orient, en Asie centrale, chez les Arabes, Turcs, Afghans,Tadjiks, Kurdes, Indiens, Pakistanais et Azerbaïdjanais, elle est l'histoire d'amour la plus populaire.Elle trouve ses racines dans la Perse de Babylone, tout comme Roméo et Juliette, qui s'appelaient en leur temps Pyrame et Thisbé. Les Bédouins la firent leur et la propagèrent au fil de leursvoyageset conquêtes. Il y a bien longtemps, le beau Qays, fils d'une illustre famille de Bédouins, tombe éperdument amoureux de sa cousine Laïla. Le jeune homme est poète et ne peut s'empêcher de chanter son amour à tous les vents. Il exprime sans retenue son souhait d'épouser la belle Laïla. Erreur ! Fatale erreur ! Chez les Bédouins, il est de tradition que ce soit les pères qui règlent les mariages. Le désir crié par Qays est une ombre sur leur autorité et ceux-ci refusent donc cette union. Il se sert de ses poèmes comme d'une arme contre le pouvoir. La famille de Laïla obtient alors du calife la permission de tuer l'arrogant amoureux. Le calife fait venir Laïla pour voir sa si grande beauté. Il découvre avec surprise qu'il s'agit d'une jeune femme plutôt maigre, au teint brûlé par le soleil. Il décide alors de faire venir Qays et l'interroge : "Pourquoi aimes-tu cette femme qui n'a rien d'extraordinaire ? Elle est moins belle que la moins belle de mes femmes". Et Qays répond : "C'est parce que vous n'avez pas mes yeux, je vois sa beauté, et mon amour pour elle est infini." La famille de Qays demande Laïla en mariage contre cinquante chamelles. Mais le père de Laïla refuse. Qays perd la raison. Son père l'emmène à La Mecque pour qu'il retrouve ses esprits, mais le jeune homme entend une voix qui lui crie sans cesse le prénom de son amour. Son obsession est telle qu'on l'appelle alors le majnoun (le fou) de Laïla. Un jour que Majnoun est tranquillement chez lui, rêvant à son amour, un ami vient le prévenir que Laïla est devant sa porte. Le poète fou a pour seule réponse : "Dis-lui de passer son chemin car Laïla m'empêcherait un instant de penser à l'amour de Laïla". Quelque temps plus tard, Laïla se maria et quitta la région. Majnoun partit vivre dans le désert avec les animaux sauvages. Certains prétendirent l'avoir vu manger de l'herbe avec les gazelles. Un jour, on découvrit son corps inanimé, protégeant un ultime poème dédié à son amour... Ce poème d'amour inspira d'autres poètes, Le Fou d'Elsa de Louis Aragon en est le digne héritier
"L'idéal naît de l'amour. Sans amour il n'y a pas d'idéal et quand l'amour fléchit, l'idéal disparaît. C'est pourquoi notre idéal ne peut pas être donné à quelqu'un d'autre, car chacun est attiré par une certaine forme de beauté, de bonté et de bonheur. À ce propos l'on peut citer l'histoire de Majnoun et de Leïla. Majnoun était un tout jeune homme qui aimait Leïla depuis l'enfance de l'amour le plus tendre. Mais ils n'appartenaient pas au même clan, de sorte que les parents étaient mécontents de ce sentiment réciproque et qu'ils cherchaient sans cesse à éloigner les jeunes gens l'un de l'autre. Un jour, un ami de la famille de Majnoun lui dit : "Mais cette Leïla que tu aimes avec tant de constance n'est pas plus belle que d'autres !". Majnoun répondit: "Pour voir Leïla il faut avoir les yeux de Majnoun". Ces "yeux de Majnoun" sont les yeux de l'idéalisme, des yeux qui voient la beauté."